Dans l’univers de la décoration intérieure, certains objets se démarquent par leur capacité à allier design, fonctionnalité et ambiance. La lampe de table Éclipse en est un parfait exemple. Inspirée par les phénomènes célestes, elle tire son nom et son concept d’un jeu de lumière naturel et universellement fascinant : l’éclipse solaire.
Son dessin, presque minimaliste, repose sur une simple bande de plastique enroulée sur elle-même, que l’on peut tordre et orienter à volonté. Selon sa position, la lumière se découvre ou se cache, comme lors d’une éclipse, en apportant une touche d’élégance et de poésie à toute pièce.
Sommaire
La lampe Eclipse
- ✓Designer : Mauricio Klabin
- ✓Éditeur : Objekto
- ✓Distinction : collection permanente du MoMA
Où l’acheter ? La version 32 cm est disponible chez The Cool Republic.
Voir la lampe Eclipse →Une bande de plastique qui devient lumière
Avant de devenir une icône du design, la lampe Eclipse a d’abord été une idée, née de l’observation d’un matériau très ordinaire. Une bande de plastique, quelques pieds en métal, une ampoule : avec si peu d’éléments, il fallait un dessin parfaitement juste pour obtenir un objet aussi fascinant. C’est ce mélange de modestie et d’ingéniosité que l’on retrouve dans toute la démarche de son créateur, et qui explique que la lampe continue de surprendre ceux qui la découvrent, plusieurs décennies après sa conception.
La lampe Eclipse repose sur une idée d’une simplicité désarmante : son abat-jour est fabriqué à partir d’une unique bande de plastique enroulée sur elle-même. Cette bande, en polypropylène et polyéthylène, forme une sorte de spirale souple qui entoure l’ampoule. Il n’y a ni armature, ni vis, ni pièce rigide pour la maintenir : c’est la tension du matériau qui donne sa forme à la lampe. Le résultat est un luminaire léger, presque immatériel, qui semble flotter au-dessus de ses pieds.
Cette économie de moyens est la grande force de la lampe. En supprimant tout ce qui n’est pas indispensable, Mauricio Klabin obtient un objet à la fois très simple à fabriquer et très riche visuellement. La bande de plastique joue tous les rôles : elle protège l’ampoule, diffuse la lumière, donne sa forme à la lampe et en constitue le principal élément décoratif. C’est un bel exemple de design où la contrainte devient source de créativité.

1. La lampe modulable Eclipse dans le salon © Rêves d’Extérieurs
Cette construction a une conséquence étonnante : la lampe n’a pas de forme définitive. En manipulant la bande, on peut l’ouvrir, la refermer, l’incliner ou la tordre, et changer ainsi à la fois sa silhouette et l’orientation de la lumière. D’une même lampe, on obtient tour à tour un globe régulier, une forme asymétrique ou un cône qui dirige l’éclairage vers le mur. C’est cette dimension ludique qui fait tout son charme : chacun la règle selon son humeur et la configuration de la pièce.
Cette possibilité de modeler l’objet change aussi la relation que l’on entretient avec lui. La lampe Eclipse n’est pas un luminaire que l’on pose et que l’on oublie : on la touche, on l’ajuste, on la fait évoluer. Elle devient un objet presque vivant, qui accompagne les changements de la maison. Dans un même salon, elle peut prendre une forme ronde et sage pour les soirées tranquilles, puis une silhouette plus graphique lorsqu’on reçoit.


2. Une déco minimaliste avec la lampe Eclipse © Pinterest
3. Un bureau avec la lampe Eclipse © Mooris
L’abat-jour repose sur une structure en acier laqué, composée de fins pieds en métal. Ces pieds sont équipés de petites pastilles qui maintiennent la bande dans la position choisie, ce qui permet à la lampe de garder la forme qu’on lui a donnée. Selon Objekto, ils peuvent même être retirés pour transformer la lampe en suspension, ce qui en fait un luminaire particulièrement polyvalent.
Ce système de fixation est d’une grande intelligence. Les pastilles jouent le rôle de petites pinces qui retiennent la bande sans l’abîmer, et permettent de la repositionner autant de fois qu’on le souhaite. Elles rendent la lampe stable, même lorsqu’on lui donne une forme très asymétrique. Et comme les pieds se retirent, la même lampe peut être posée sur un meuble, installée au sol ou suspendue au-dessus d’une table, ce qui multiplie ses usages dans la maison au fil du temps.

4. Une déco moderne chic avec la lampe Eclipse © Made in Design
Côté formats, Objekto propose deux versions : une lampe de table de 32 cm de diamètre pour 36 cm de haut et 1,2 kg, et une version à poser au sol de 48 cm de diamètre pour 52 cm de haut et 2,4 kg. Toutes deux ont un câble de 1,70 m avec interrupteur. Elle fonctionne avec une ampoule à culot E27, non fournie. Son abat-jour blanc diffuse une lumière douce, qui se teinte légèrement selon l’épaisseur de plastique traversée.
Le choix du format dépend surtout de l’usage. Pour une lampe d’appoint discrète, la version de 32 cm suffit largement et se glisse sur une étagère ou un meuble bas. Pour un véritable effet décoratif, la version de sol s’impose : posée au sol, elle devient une sculpture lumineuse qui structure un coin de salon. Dans les deux cas, prévoyez un peu d’espace autour de la lampe pour pouvoir la manipuler et profiter pleinement de ses jeux de formes.
Une lampe que l’on sculpte soi-même
Plus qu’un simple luminaire, l’Eclipse est un objet avec lequel on interagit. Sa lumière et sa forme se règlent à la main, ce qui permet de l’adapter à chaque pièce et à chaque moment de la journée. Pour une autre petite lampe pleine de caractère, découvrez aussi la lampe Binic d’Ionna Vautrin.
La lumière de la lampe Eclipse est avant tout une lumière d’ambiance. Filtrée par la bande de plastique translucide, elle se diffuse de manière douce et homogène, sans éblouir. Là où la bande se superpose, la lumière s’atténue ; là où elle s’ouvre, elle s’échappe plus franchement. Ce jeu de transparences crée des nuances subtiles sur les murs et le plafond, qui changent selon la forme donnée à l’abat-jour.
Cet éclairage diffus est particulièrement agréable en soirée, lorsqu’on cherche une lumière douce plutôt qu’un éclairage direct. Associée à une ou deux autres sources de lumière, comme une lampe de lecture ou une suspension, elle crée une ambiance en plusieurs couches, beaucoup plus chaleureuse qu’un simple plafonnier. C’est le principe de base d’un éclairage réussi : multiplier les points lumineux à différentes hauteurs.

5. La lampe Eclipse dans le salon © Pinterest
Cette lumière changeante est aussi ce qui rend la lampe si photogénique. Sur les réseaux sociaux et dans les magazines, on la voit souvent mise en scène sous des formes très différentes, preuve qu’il n’existe pas une seule bonne façon de l’utiliser. Chacun invente sa version, en fonction de son intérieur et de la lumière qu’il recherche, ce qui fait de chaque lampe Eclipse un objet un peu unique.
Cette modularité permet d’adapter l’éclairage aux besoins du moment. Pour une ambiance tamisée, on referme la bande autour de l’ampoule, qui devient un cocon lumineux. Pour éclairer davantage une table ou un fauteuil, on ouvre l’abat-jour du côté souhaité. Le choix de l’ampoule joue aussi un rôle : une LED blanc chaud, autour de 2700 K, renforce l’atmosphère chaleureuse, tandis qu’une teinte plus neutre convient mieux à un bureau.
On peut aussi jouer avec la position de la lampe dans la pièce. Placée devant un mur clair, elle projette des reflets doux qui agrandissent visuellement l’espace. Dans un angle, elle éclaire deux murs à la fois et crée une atmosphère enveloppante. Posée sur un meuble bas, elle diffuse une lumière rasante très agréable pour regarder un film ou discuter. Chaque position donne une ambiance différente, ce qui en fait un outil précieux pour mettre en scène un intérieur.

6. Poser la lampe Eclipse sur un buffet © The Cool Republic
Grâce à sa taille généreuse, la version de sol trouve naturellement sa place au sol, à côté d’un canapé ou dans un coin de pièce, où elle joue le rôle de lampe d’ambiance sculpturale. La version de 32 cm se pose sur une console, un buffet, une table de chevet ou un bureau. Dans les deux cas, elle attire le regard, même éteinte, comme un objet décoratif à part entière.
Dans une chambre, elle remplace avantageusement une lampe de chevet classique, avec une lumière plus enveloppante. Dans une entrée, posée sur une console, elle accueille avec une lueur douce. Dans un salon, elle devient une sculpture lumineuse qui structure l’espace. Et dans un bureau, elle accompagne les fins de journée en apportant une lumière plus intime que celle d’une lampe de travail.

7. Ambiance chic dans le salon avec la lampe Eclipse © Voltex
Cette polyvalence en fait une lampe idéale pour ceux qui aiment faire évoluer leur intérieur. On peut la déplacer d’une pièce à l’autre, la remodeler selon les saisons ou la transformer en suspension au-dessus d’une table. Pour une autre lampe au caractère sculptural, découvrez aussi l’histoire de la lampe Flowerpot de Verner Panton.
Côté style, la lampe Eclipse s’accorde avec de nombreux univers. Dans un intérieur scandinave, son blanc et sa légèreté répondent au bois clair et aux textiles naturels. Dans un loft industriel, elle adoucit le métal et le béton. Dans un décor plus éclectique, elle devient une pièce sculpturale qui dialogue avec des objets chinés. Sa forme abstraite, qui n’appartient à aucune époque précise, lui permet de traverser les tendances sans jamais paraître démodée.
Un design pensé pour tous
Derrière la lampe Eclipse se cache une véritable philosophie du design, où la beauté, la qualité et le prix forment un tout indissociable. C’est ce qui fait d’elle bien plus qu’un objet amusant : un manifeste discret en faveur d’un design accessible.
La lampe Eclipse est l’œuvre du designer brésilien Mauricio Klabin. Sa création résume une conviction profonde : le design doit être beau, de bonne qualité et accessible au plus grand nombre. Ce designer et ingénieur brésilien (1952-2000) expliquait avoir gardé l’idée de cette lampe pendant de nombreuses années avant de la produire, car il voulait pouvoir la fabriquer à un coût réduit. Pour lui, créer des objets destinés à une poignée de privilégiés n’avait pas de sens : il voulait des objets populaires.
Mauricio Klabin fait partie d’une génération de designers brésiliens qui ont cherché à concilier création et accessibilité. Son travail s’inscrit dans une tradition où l’ingéniosité compense la modestie des moyens, et où l’objet doit avant tout servir le quotidien. La lampe Eclipse en est sans doute l’expression la plus aboutie, et celle qui lui a valu une reconnaissance internationale.

8. La lampe Eclipse dans la salle à manger © Silvera
Cette philosophie se retrouve dans chaque détail de la lampe. Sa fabrication repose sur des matériaux simples et légers, et elle est livrée à plat dans un emballage sérigraphié, souvent comparé à une boîte à pizza. Ce conditionnement réduit l’encombrement, le coût du transport et l’empreinte du produit, tout en offrant une expérience amusante au moment du déballage : on découvre une bande plate, que l’on transforme soi-même en lampe.
Le montage fait partie de l’expérience. On déplie la bande, on la fixe sur ses pieds, puis on lui donne sa forme. En quelques minutes, un objet plat devient une lampe en volume. Cette dimension participative rappelle que le design peut aussi être un jeu, et que l’utilisateur peut devenir, à sa manière, co-auteur de l’objet qu’il possède.

9. Installer la lampe Eclipse dans le salon © Light Online
Ce mélange d’ingéniosité et de simplicité lui a valu une reconnaissance rare : la lampe Eclipse est entrée dans la collection permanente du MoMA de New York, selon Made in Design en 2006. Une consécration pour un objet aussi modeste dans ses moyens, qui montre que l’innovation ne dépend pas forcément de matériaux coûteux ou de technologies complexes. Elle prouve qu’une idée juste, bien exécutée, peut suffire à créer une icône.
Elle rejoint ainsi d’autres objets entrés au musée pour leur intelligence plus que pour leur prestige. Le MoMA s’intéresse depuis longtemps aux objets du quotidien bien conçus, capables de résoudre un problème avec élégance. La lampe Eclipse coche toutes ces cases : un principe simple, une fabrication économique et un résultat poétique.

10. La lampe Eclipse comme oeuvre d’art © Le Bon Coin
Aujourd’hui éditée par Objekto, qui revendique une fabrication européenne de ses produits et matériaux, la lampe Eclipse reste l’une des pièces les plus étonnantes du design contemporain. En la choisissant, on adopte un objet à la fois fonctionnel, ludique et chargé d’histoire. Pour d’autres idées d’ambiance autour de la lumière, découvrez aussi mes idées de déco scandinave.
Côté entretien, un chiffon doux et sec suffit à dépoussiérer la bande de plastique. Évitez les produits abrasifs, qui pourraient rayer ou opacifier le matériau, et laissez toujours l’ampoule refroidir avant de manipuler l’abat-jour. Préférez une ampoule LED, qui chauffe peu et préserve la bande de plastique sur la durée.
Questions fréquentes
- Qui a dessiné la lampe Eclipse ?La lampe Eclipse a été dessinée par le designer brésilien Mauricio Klabin, défenseur d’un design de qualité accessible au plus grand nombre. Il a longtemps gardé l’idée avant de la produire, afin de pouvoir la fabriquer à un coût réduit. La lampe est aujourd’hui éditée par la maison Objekto et fait partie, selon Made in Design, de la collection permanente du MoMA de New York.
- Comment fonctionne la lampe Eclipse ?Son abat-jour est une bande de plastique enroulée sur elle-même, posée sur des pieds en acier laqué. En manipulant la bande, on change la forme de la lampe et l’orientation de la lumière. De petites pastilles sur les pieds maintiennent la position choisie. Selon Objekto, les pieds peuvent aussi être retirés pour transformer la lampe en suspension.
- Quelle ampoule utiliser pour la lampe Eclipse ?Les deux versions fonctionnent avec une ampoule à culot E27, non fournie, d’une puissance maximale de 60 W. Une ampoule LED est vivement conseillée : elle chauffe beaucoup moins qu’une ampoule classique, ce qui préserve la bande de plastique, et elle consomme peu. Choisissez une lumière blanc chaud, autour de 2700 K, pour une ambiance douce.
- Quelles tailles existe-t-il pour la lampe Eclipse ?Objekto propose deux formats. La version de table, de 32 cm de diamètre pour 36 cm de haut, se pose facilement sur une console, un bureau ou une table de chevet. La version de sol, de 48 cm de diamètre pour 52 cm de haut, convient mieux au sol ou sur un grand meuble bas. Vérifiez l’emplacement prévu avant de choisir.
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1 comment
Une belle lampe de chevet et de bureau très décoratif… une bonne idée d’entreprendre.